Méta-modèle

Modèle des modèles, c’est-à-dire représentation formelle des moyens nécessaires pour bâtir les modèles ordinaires

Introduction de la notion

Un méta-modèle révèle les catégories de représentation à l’œuvre dans notre effort pour représenter les choses. Il exprime, en quelque sorte, la syntaxe de la langue que nous utilisons pour parler du monde. Cette syntaxe est intimement liée à l’approche préconisée, pour nous : l’approche de l’entreprise. À l’intérieur de ce champ, chaque approche possède son méta-modèle. Par exemple, le méta-modèle de l’approche orientée services diffère de celui de l’approche orientée objets ou de l’approche fonctionnaliste.

En raccourci, on peut dire que :

Le méta-modèle est le modèle des modèles.

Plus exactement, il représente formellement les catégories de représentation que nous utilisons pour modéliser, ainsi que les relations qu’elles entretiennent.

Le méta-modèle est donc le fondement de la méthodologie.

Établir un méta-modèle est un excellent exercice d’hygiène intellectuelle. En effet, ce travail nous oblige à secouer nos schémas mentaux et à débusquer nos manières de percevoir et d’exprimer les choses. Il arrive que ces manières ne soient pas optimales : il peut exister de mauvais méta-modèles.

Outre cet effet d’élucidation, une retombée pratique d’un méta-modèle est son exploitation en tant que modèle interne des outils dont nous nous servons pour représenter et documenter l’entreprise, c’est-à-dire des outils de modélisation.

Le méta-modèle est le modèle interne des outils de modélisation.

Un méta-modèle peut se traduire à deux niveaux :

  1. celui d’une notation standard (UML, BPMN, CMMN, BMM…) ;
  2. celui d’une méthode, allant au-delà de la  notation et lui associant un mode d’emploi.

Le premier niveau correspond aux outils de modélisation et se place sous la responsabilité des éditeurs. Le premier critère d’évaluation est, ici, la conformité aux standards.

Le deuxième niveau se traduit facilement, dans les outils UML, sous la forme de profils UML. Par exemple, Praxeme propose un vocabulaire et des règles de construction pour l’aspect logique. Ce vocabulaire s’exprime à travers des stéréotypes, regroupés en un profil applicable à la modélisation de cet aspect.

Commentaire

Dans la mesure du possible, le méta-modèle de Praxeme repose sur les méta-modèles standardisés, tout particulièrement celui d’UML. Il s’en distingue néanmoins puisque son but est de rassembler toutes les catégories de représentation nécessaires pour couvrir tous les aspects d’un système ou d’une entreprise.

Par exemple, on appliquera sur la “Classe” (au sens formel donné par UML), tantôt le stéréotype “Concept” – dans la modélisation sémantique -, tantôt celui de “Machine logique” – dans la modélisation logique. La méthode, apportant le mode d’emploi qui manque à la notation, précise certains de ses termes grâce à ce mécanisme de stéréotypage.

Pour éviter la profusion désordonnée des stéréotypes (tellement faciles à créer), il convient de les appuyer sur un vrai méta-modèle.

Petite précision : un simple diagramme sur une ou deux pages ne peut pas être considéré comme un méta-modèle. Faut-il le rappeler ? un méta-modèle est d’abord un modèle, c’est-à-dire un ensemble d’éléments de modélisation parfaitement documentés. On ne peut pas s’en sortir à moins d’une centaine de pages.

Termes connexes : méthodologie, représentation, approche, formalisme.

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