Complexité

Caractère d’un système composé de plusieurs éléments liés par de multiples relations et ne pouvant pas se comprendre seulement comme la somme de ses éléments

Introduction de la notion

(du latin « complexus, complecti », contenir; source : le Grand Robert)

Source : Enterprise Transformation Manifesto ; paragraphes 2.1.a et 5.1

La complexité de l’Entreprise provient de la diversité de ses aspects, du grand nombre de ses constituants, de la grande variété de son savoir-faire et de ses connaissances, ainsi que de l’autonomie de volonté et d’action de ses constituants – ceux-ci étant eux-mêmes des systèmes complexes (paragraphe 2.1.b). Si nous la négligeons, cette complexité peut conduire à prendre de mauvaises décisions et à altérer le fonctionnement et l’être de l’Entreprise (paragraphe 2.1.c).

La complexité du Système Entreprise est, à la fois, une force et un risque. La complexité est un risque dans la mesure où elle mobilise une quantité croissante de ressources ou qu’elle conduit à une situation ingérable (paragraphe 5.1.a). La complexité irréductible du Système Entreprise lui permet de s’adapter à un monde changeant et de faire face à de nouvelles situations. Cette complexité peut constituer un véritable avantage, tant qu’elle reste sous contrôle (paragraphe 5.1.b).

Commentaire

La première caractéristique qui vient à l’esprit à propos de l’entreprise est, sans doute, sa complexité. Ceci justifie de lui appliquer l’approche systémique. Pourquoi considère-t-on l’entreprise comme un objet complexe ? Parce que, quels que soient sa taille et son secteur, elle comporte des éléments en grand nombre et surtout de natures disparates. Les constituants sont reliés entre eux à l’intérieur d’une même catégorie et aussi entre différentes catégories. Les relations entre les constituants entrent dans des catégories qu’il faut préciser. Un facteur essentiel qui accroît la complexité réside dans l’autonomie de volonté et d’action de certains constituants – ceux-ci pouvant eux-mêmes être considérés comme des systèmes complexes.

La complexité est souvent perçue comme un risque ou, au moins, une difficulté. Elle représente aussi une force : elle donne la mesure de la variété des ressources dont dispose le système. Sa capacité d’invention et d’adaptation lui est proportionnelle. Dans les cas les plus avancés, le système présente des propriétés émergentes qui ne peuvent pas se déduire de sa composition. Aussi faut-il bannir l’expression « réduire la complexité ». La complexité d’un système, si elle est réelle, lui est nécessaire et constitue un atout dont il doit savoir profiter. Elle doit donc être assumée par le système et respectée par son concepteur.

Pour appréhender la complexité, l’approche traditionnelle de la décomposition hiérarchique descendante (dite cartésienne) n’est pas la bonne solution. On optera pour l’approche systémique qui recherche les articulations entre les éléments séparés et fait place aux propriétés émergentes, propres au système, mais impossibles à déduire de la somme des parties. Un caractère souvent associé à la complexité est l’incertitude. Cette dernière provient, en partie, de la complexité et, en plus grande partie, de l’environnement. Nous chercherons tous les moyens possibles pour réduire l’incertitude, mais nous devrons adapter le système et notre action à une incertitude irréductible, impossible à éliminer. La complexité est, d’ailleurs, une réponse adaptative à l’incertitude de l’environnement. La complexité a pour effet de décourager l’action et d’engendrer la résignation. La méthodologie, précisément, apparaît comme le remède à la faillite de l’imagination et à la démission de la volonté.

Termes connexes : complication, architecture, structure, qualité.

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